Créer un site web pour coiffeur : le guide 2026

Intérieur de salon de coiffure avec fauteuils et miroirs

BLOG · CONCEPTION WEB · 25 AOÛT 2026

Réservation en ligne, affichage des tarifs, fiche Google, droit à l’image : ce qu’il faut vraiment construire pour un site web pour coiffeur qui remplit l’agenda — et les conseils recopiés depuis dix ans qu’il faut cesser de suivre.

Un salon de coiffure a un avantage qu’un artisan itinérant n’a pas : une vitrine, une adresse, des passants. C’est aussi ce qui fait croire à beaucoup de gérants qu’un site ne leur servirait à rien.

Les chiffres disent l’inverse. La France comptait environ 113 700 établissements de coiffure au 1er janvier 2026, pour un chiffre d’affaires sectoriel de l’ordre de 6,5 à 7 milliards d’euros. Mais les salons sous enseigne, qui représentent environ 11 % du parc, captent près de 45 % des revenus. Leur avantage n’est pas la qualité de la coupe : c’est une centrale d’achat, une marque connue et des outils numériques mutualisés qu’un indépendant doit reconstituer seul.

Ce guide reprend chaque étape de la création d’un site web pour coiffeur avec les règles en vigueur en août 2026 : ce que la loi impose à un commerçant sur son site, quel outil de réservation choisir sans perdre son fichier client, ce que Google a supprimé, et ce que tout cela coûte. Quand les sources divergent, nous donnons une fourchette et sa méthode.

Intérieur de salon de coiffure avec fauteuils et miroirs
La vitrine capte les passants. Le site capte ceux qui cherchent avant de sortir de chez eux.

L'essentiel à retenir

  • Vos tarifs sont déjà obligatoires en vitrine. L’arrêté du 27 mars 1987, toujours en vigueur, impose 10 prix TTC affichés (20 en salon mixte). Les mettre en ligne ne coûte rien et couvre une requête à fort volume.
  • La réservation en ligne est le seul vrai levier de conversion. La question n’est pas de savoir s’il en faut une, mais à qui appartient le fichier client qu’elle produit.
  • Les mentions légales ont changé de fondement. Depuis la loi SREN du 21 mai 2024, l’obligation figure à l’article 1-1 de la LCEN, plus à l’article 6-III.
  • Une photo avant/après publiée sans accord écrit est une faute. Le droit à l’image (article 9 du Code civil) et le RGPD se cumulent, et l’accord de se faire photographier ne vaut pas accord de publication.
  • Non, votre site n’est probablement pas concerné par l’accessibilité numérique. L’European Accessibility Act exempte les entreprises de moins de 10 salariés et 2 M€. Méfiez-vous des prestataires qui vendent l’inverse.
  • Budget réaliste : 900 à 3 500 € HT pour un site vitrine de salon, plus 150 à 350 € par an, hors outil de réservation.

1. Pourquoi un salon avec pignon sur rue a quand même besoin d'un site

La vitrine capte les gens qui passent devant. Le site capte ceux qui décident avant de sortir de chez eux — et ce sont eux qui réservent les prestations à forte valeur.

Un particulier qui veut une coupe rapide entre dans le premier salon libre. Celui qui veut un balayage à 130 €, un lissage ou une coiffure de mariage compare pendant plusieurs jours : photos, tarifs, avis, disponibilité le samedi. Ce parcours se joue entièrement en ligne, souvent à 22 h, quand votre salon est fermé.

Il y a aussi une question de propriété que peu de gérants se posent à temps. Google a fermé les mini-sites créés depuis les fiches d’établissement le 5 mars 2024 et coupé les redirections le 10 juin 2024. Les professionnels qui s’appuyaient sur cette adresse gratuite se sont retrouvés sans rien, sans avoir leur mot à dire. Le même raisonnement vaut pour une page Instagram ou un profil de marketplace : ce que vous ne possédez pas peut disparaître.

Un site fait quatre choses qu’aucune vitrine ne fera :

  • Afficher la carte complète des prestations et des tarifs, que vous êtes déjà tenu de produire.
  • Prendre un rendez-vous à toute heure, sans que personne ne décroche.
  • Montrer votre travail dans une galerie que vous maîtrisez, avec des légendes qui expliquent la technique et le temps de pose.
  • Présenter votre équipe. Dans la coiffure, la cliente est attachée à la personne qui la coiffe autant qu’à l’enseigne. Nommer et montrer vos coiffeurs est un argument de réservation.

Le marché se durcit par ailleurs. La coiffure à domicile est passée d’environ 22 % du volume de prestations en 2020 à près de 31 % en 2026, et le nombre de coiffeurs à domicile a été multiplié par quatre entre 2009 et 2022. Ces concurrents n’ont pas de vitrine : ils n’existent que par le numérique. Leur laisser ce terrain revient à leur laisser la clientèle qui cherche en ligne.

2. Les obligations légales d'un site web pour coiffeur en France

Un site professionnel sans mentions légales conformes constitue un délit pénal. Et le texte de référence a changé en 2024 : la quasi-totalité des modèles en ligne cite encore un article abrogé.

L’obligation figurait à l’article 6-III de la LCEN. La loi SREN n° 2024-449 du 21 mai 2024 a restructuré le texte pour l’aligner sur le règlement européen sur les services numériques : depuis le 23 mai 2024, l’obligation est portée par l’article 1-1, la sanction par l’article 1-2. Doivent y figurer la dénomination sociale, la forme juridique, le capital, l’adresse du siège, le SIREN, un téléphone, un e-mail, le directeur de la publication et l’hébergeur — ainsi que, nouveauté de la loi SREN, les prestataires assurant le stockage des données. Ce point vise directement les salons : si votre agenda de réservation est hébergé chez un tiers, il doit y apparaître. Sanction : jusqu’à un an d’emprisonnement et 75 000 € pour le dirigeant, 375 000 € pour la société.

L’affichage des tarifs : une obligation propre à la coiffure

C’est le texte que la plupart des gérants connaissent pour leur vitrine et oublient pour leur site. L’arrêté du 27 mars 1987 relatif à la publicité des tarifs de coiffure, toujours en vigueur en août 2026, impose d’afficher en vitrine, lisibles de l’extérieur, au moins dix prix TTC pour un salon hommes ou dames et au moins vingt pour un salon mixte. Chaque forfait doit être décomposé, le même tarif figurer au lieu de paiement, et une carte complète être tenue à la caisse. Amendes de 450 à 1 500 €.

Rien n’oblige à reproduire cet affichage en ligne. Mais vous avez déjà produit la carte : la publier ne coûte rien et vous positionne sur « prix coiffeur + ville », l’une des requêtes les plus tapées du secteur. Un devis détaillé reste obligatoire quand le prix ne peut pas être déterminé à l’avance et que la cliente le demande — lissage, extensions, rattrapage de couleur.

Deux obligations complètent le tableau : adhérer à un dispositif de médiation de la consommation et en indiquer les coordonnées ; et traiter votre agenda comme ce qu’il est, un traitement de données personnelles — finalité, base légale, durée, droits, avec une case distincte et non pré-cochée pour les offres promotionnelles.

L’accessibilité numérique : ce qu’on vous vendra à tort

Depuis le 28 juin 2025, l’European Accessibility Act — directive (UE) 2019/882, transposée par la loi n° 2023-171 du 9 mars 2023 — impose des exigences d’accessibilité aux services numériques destinés aux consommateurs, avec des sanctions atteignant 50 000 € par service.

Mais l’exemption micro-entreprise est cumulative : moins de 10 salariés ET moins de 2 M€ de chiffre d’affaires ou de bilan, appréciés par personne morale. Avec un chiffre d’affaires moyen d’environ 76 300 € par salon, l’immense majorité des indépendants est exemptée, automatiquement. Si un prestataire vous vend une « mise en conformité obligatoire », demandez-lui sur quel seuil il se fonde. L’exemption se perd toutefois si vous franchissez le seuil.

Devanture de salon de coiffure sur une rue commerçante
Dix prix TTC en vitrine, vingt en salon mixte : l'obligation existe depuis 1987 et s'applique toujours.

3. La réservation en ligne : à qui appartient votre fichier client

La réservation en ligne est le seul élément de votre site qui transforme directement un visiteur en chiffre d’affaires. La vraie question n’est pas de savoir s’il en faut une, mais ce que vous possédez encore le jour où vous changez d’outil.

Deux modèles coexistent. Le logiciel par abonnement vous loue un agenda, des rappels SMS et une caisse, sans commission : l’acquisition reste à votre charge. La marketplace vous apporte des clientes et prélève un pourcentage : c’est un coût d’acquisition, pas un coût d’outil.

ModèleCoûtApport de clientèleFichier client
Abonnement (type Planity, Booksy)~60 à 115 € HT / mois, sans commissionÀ votre chargeChez l’éditeur — exportable, à vérifier au contrat
Marketplace (type Treatwell)Pas d’abonnement, commission de 25 à 30 %ImmédiatChez la plateforme
Module intégré à votre siteLicence ponctuelle + maintenanceÀ votre chargeChez vous

Méthode : fourchettes recoupées à partir de comparatifs français publiés entre avril et juillet 2026. Les sources divergent sur le modèle de commission — 25 % sur la première réservation de chaque nouvelle cliente puis 0 % selon certaines, 25 à 30 % sur chaque réservation selon d’autres. Vérifiez les CGV avant de signer : l’écart est considérable.

Un détail contractuel coûteux et rarement lu : chez certaines marketplaces, une cliente inactive depuis plus de douze mois est requalifiée en « nouvelle cliente », et la commission de première réservation s’applique à nouveau. Sur une clientèle de coiffure, où les visites s’espacent, ce mécanisme change toute l’équation.

Faites le calcul. Quarante réservations par mois à 45 € de panier moyen, commandées à 25 %, représentent environ 450 € par mois — plusieurs fois le prix d’un abonnement fixe. La marketplace est pertinente quand votre agenda a des trous ; elle devient une taxe quand il est plein. La position raisonnable est souvent hybride : un outil en abonnement, un lien de réservation sur votre site et sur votre fiche Google, la marketplace en appoint. Notre guide sur la façon de convertir ses visiteurs en clients détaille les mécanismes.

Deux précisions : votre logiciel de caisse doit être certifié NF525 au titre de la lutte contre la fraude à la TVA — obligation qui porte sur la caisse, pas sur le module de réservation. Et quel que soit l’outil, exportez régulièrement votre fichier client.

Cliente réservant un rendez-vous en ligne sur une tablette
Un agenda en ligne prend des rendez-vous à 22 h. Encore faut-il savoir qui détient les coordonnées.

4. Choisir sa plateforme : site de la marketplace ou site à vous

La plupart des éditeurs de logiciels de réservation proposent aussi « un site internet inclus ». C’est pratique, et c’est exactement là que se joue la dépendance.

Ces sites sont généralement des gabarits partagés entre des centaines de salons, parfois sur un sous-domaine de l’éditeur. Trois conséquences : le contenu est quasi identique d’un salon à l’autre, donc rien ne vous distingue dans les résultats ; vous ne pouvez pas créer les pages dont vous auriez besoin ; et le jour où vous résiliez, le site part avec l’abonnement.

La question à poser avant toute autre, y compris à nous : à qui appartient le nom de domaine, et que reste-t-il si j’arrête de payer ? Si la réponse est floue, elle est mauvaise. Achetez au minimum votre nom de domaine à votre nom chez un registrar indépendant : une trentaine d’euros par an, et la garantie de pouvoir partir.

SolutionCoût de départCoût annuelPropriété
Site inclus dans l’abonnement0 €ComprisAucune
Créateur de site en autonomie0 à 500 €150 à 850 €Liée à la plateforme
WordPress, indépendant ou petite agence900 à 3 500 € HT150 à 350 €Totale
Développement sur mesure6 000 € HT et plusVariableTotale

Méthode : fourchettes recoupées à partir de grilles publiées par des prestataires français en 2026, hors abonnement à l’outil de réservation.

Pour un salon indépendant, la troisième ligne est presque toujours le bon compromis. WordPress vous laisse propriétaire des fichiers et de la base, intègre la plupart des agendas par widget, et permet de changer de prestataire sans tout refaire — c’est ce que nous mettons en œuvre sur nos projets de site vitrine personnalisé. Si vous vendez aussi des produits capillaires, sachez que cela change de régime : CGV, droit de rétractation de quatorze jours, informations renforcées. C’est un projet d’e-commerce, pas une page en plus.

5. La structure minimale d'un site de salon

Un site de salon qui remplit l’agenda tient en sept à dix pages. La page unique « Nos prestations », qui empile coupe, couleur, lissage et barbier, ne peut se positionner que sur un seul sujet à la fois.

La logique est la même que pour votre carte : une page, une intention, un tarif.

  • Accueil. Le nom, la ville, l’horaire du jour, et un bouton de réservation visible sans défilement sur mobile.
  • Une page par famille de prestations : coupe et brushing, coloration et balayage, lissage, soins, extensions, barbier, coiffure de mariée — chacune avec sa fourchette de prix et sa durée.
  • Tarifs. La carte complète, en texte lisible — pas en image ni en PDF, qui se lisent mal sur mobile et se référencent mal.
  • Galerie, avec les précautions de la section 7.
  • L’équipe. Un prénom, une photo, une spécialité, et si possible la réservation avec une personne précise.
  • Le salon. Adresse, accès, stationnement, transports, accessibilité aux poussettes et aux fauteuils. Ces détails décident plus de réservations qu’on ne le croit.
  • Avis, Contact et réservation, et mentions légales : non négociables.

Si votre salon rayonne sur plusieurs quartiers, une page par zone peut se justifier — mais seulement avec du contenu propre : temps de trajet, stationnement, clientèle desservie. Dupliquer la même page en changeant le nom du quartier correspond à ce que Google appelle des pages satellites, explicitement visées par ses règles anti-spam.

Si vous partez d’un site qui empile tout sur une page, la reprise passe par une refonte de site web avec redirections.

6. La fiche Google : ici l'adresse s'affiche

Sur « coiffeur + ville », le bloc local s’affiche au-dessus des résultats naturels. Y figurer dépend d’abord de votre fiche d’établissement, pas de votre site — et c’est gratuit.

Précision de vocabulaire, parce qu’elle traîne encore partout : Google My Business n’existe plus sous ce nom depuis novembre 2021. Le service s’appelle Google Business Profile — « fiche d’établissement » en français — et se gère depuis la recherche Google ou depuis Maps, l’application dédiée ayant été retirée en 2022.

Une différence majeure avec les métiers d’intervention à domicile : un salon affiche son adresse complète. Un électricien qui se déplace doit déclarer une zone de service et masquer son adresse ; vous, c’est l’inverse. Votre adresse exacte, avec la façade photographiée, est ce qui permet à une cliente de vous trouver à pied.

  • La catégorie principale exacte : « Salon de coiffure », « Coiffeur pour hommes » ou « Barbier » selon votre activité dominante.
  • Des horaires exacts, mis à jour, y compris les fermetures exceptionnelles. Un horaire faux génère des avis négatifs mécaniques.
  • Un lien de réservation pointant vers votre agenda. C’est le réglage le plus rentable de la fiche, et le plus souvent oublié.
  • Des photos récentes et réelles : façade, intérieur, équipe, réalisations. Pas de banque d’images — une cliente repère le décalage en arrivant.

La cohérence entre la fiche et le site est le point le plus négligé. Nom, adresse et numéro doivent être rigoureusement identiques partout : un « 01 42 00 00 00 » ici et un « +33142000000 » là suffisent à brouiller le signal.

Le site vient ensuite confirmer ce que la fiche déclare : les pages de prestation confirment l’activité, la page tarifs confirme le positionnement, la galerie confirme le niveau technique. C’est l’articulation que nous travaillons en SEO et geo-targeting.

Coiffeur réalisant une coupe sur un client en salon
Contrairement à un artisan itinérant, un salon a tout intérêt à afficher son adresse exacte.

7. Photos avant/après : le piège juridique du métier

Publier la photo d’une cliente sans son accord écrit est une faute, même si elle a souri pendant la prise de vue. L’accord d’être photographiée ne vaut pas accord de publication : ce sont deux consentements distincts.

Le cadre se cumule. Le droit à l’image, fondé sur l’article 9 du Code civil, protège toute personne identifiable. Le RGPD s’y ajoute, parce qu’une photo permettant d’identifier quelqu’un est une donnée personnelle. La personne peut donc saisir le tribunal pour obtenir le retrait et des dommages-intérêts, et exercer ses droits RGPD auprès de vous.

Ce que doit contenir une autorisation utilisable : les supports visés — une autorisation « pour Instagram » ne couvre pas votre site ; une durée bornée, car un accord « sans limite » est fragile ; la possibilité de retrait et ce que vous faites quand elle est exercée ; et pour une mineure, l’autorisation des deux parents, cas fréquent en salon et rarement traité correctement.

Deux pièges supplémentaires, moins connus. Vos salariés ont aussi un droit à l’image : ils peuvent refuser de figurer sur votre site, retirer leur accord ensuite, et ne peuvent pas être sanctionnés pour ce refus. Et si les photos ont été prises par un photographe professionnel, l’auteur détient des droits distincts : les réutiliser hors du cadre prévu au contrat relève de la contrefaçon, punie jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende. Faites-vous céder les droits par écrit lors du shooting.

La solution pratique tient en une feuille : un formulaire d’autorisation à la caisse, signé avant la prise de vue, archivé avec la date. Trois minutes par cliente, et votre galerie devient un actif au lieu d’un risque.

Une alternative existe quand l’accord n’est pas obtenu : cadrer sur la chevelure seule, sans visage ni signe distinctif. Une personne non identifiable ne relève ni du droit à l’image ni du RGPD — et pour montrer un balayage, le visage n’apporte rien de technique. C’est aussi ce que nous conseillons dans nos travaux de charte graphique social media.

Chevelure ondulée après coloration, cadrée sans visage identifiable
Cadrer sur la chevelure, sans visage : une personne non identifiable ne relève ni du droit à l'image ni du RGPD.

8. Avis clients : ce que la loi encadre et ce que Google ignore

Publier des témoignages choisis sur son propre site n’apporte aucune étoile dans Google et vous soumet à une obligation de transparence dont peu de gérants ont connaissance.

Côté Google : depuis septembre 2019, les avis que l’entreprise contrôle elle-même ne rendent plus éligible aux étoiles pour les balisages LocalBusiness et Organization. Un bandeau « nos clientes en parlent » balisé en AggregateRating ne produira aucun résultat enrichi. Les étoiles visibles dans les résultats locaux viennent des avis déposés sur la fiche.

Côté droit français, le cadre est plus large qu’on ne l’imagine. L’article L111-7-2 du Code de la consommation s’applique à toute personne dont l’activité consiste, « à titre principal ou accessoire », à collecter, modérer ou diffuser des avis de consommateurs. Une page de témoignages y entre. Vous devez préciser si les avis font l’objet d’un contrôle et lequel, afficher la date de chaque avis et de ses mises à jour, et indiquer à l’auteur d’un avis non publié les raisons du rejet.

Publier de faux avis ou supprimer sélectivement les avis négatifs relève de la pratique commerciale trompeuse : deux ans et 300 000 €, portés à cinq ans et 750 000 € lorsque l’infraction est commise par internet, avec une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel. La DGCCRF s’appuie depuis 2023 sur un outil de détection algorithmique et a relevé en 2024 des irrégularités sur 55 % des sites contrôlés.

Une pratique très répandue en salon mérite un avertissement : offrir une remise ou un soin en échange d’un avis positif est une incitation, pas une collecte. Demander un avis est légitime ; conditionner un avantage à sa tonalité ne l’est pas.

Collectez donc les avis sur la fiche d’établissement, affichez-les en citant source et date, et répondez aux avis négatifs plutôt que de les faire disparaître. Une réponse posée rassure davantage qu’une moyenne parfaite, qui n’est jamais crédible. C’est un travail de gestion des communautés autant que de conformité.

9. Mobile, performance et la carte Google Maps

Trois indicateurs suffisent à cadrer la performance d’un site de salon. Et deux des outils que l’on vous recommandera encore n’existent plus.

  • Le test d’optimisation mobile de Google et le rapport d’ergonomie mobile de la Search Console ont été retirés le 4 décembre 2023.
  • L’indexation mobile-first est généralisée depuis le 5 juillet 2024. Ce qui n’est pas visible sur mobile n’est pas indexé.
  • L’INP a remplacé le FID le 12 mars 2024 parmi les Core Web Vitals.

Les seuils à viser, au 75e centile des visites réelles : LCP sous 2,5 s, INP sous 200 ms, CLS sous 0,1.

Autre idée reçue : « un site en HTTPS est mieux classé ». C’est un signal de classement depuis août 2014, mais de très faible poids. Son rôle réel est ailleurs : sans certificat, le navigateur affiche un avertissement, et personne ne le franchit pour réserver une couleur. Les gains viennent presque toujours des mêmes points : photos compressées et servies au bon format, pas de diaporama plein écran en haut de page, un bouton de réservation accessible en permanence, et un hébergement correct. Le sujet est détaillé dans notre guide sur l’optimisation mobile.

La carte intégrée : l’erreur RGPD la plus fréquente

Un salon a une adresse fixe, donc l’envie d’intégrer une carte est légitime. La mise en œuvre habituelle ne l’est pas : l’iframe Google Maps dépose des traceurs dès l’affichage de la page, avant tout consentement. C’est une infraction à l’article 82 de la loi Informatique et Libertés.

La CNIL exige un consentement préalable pour tout traceur non strictement nécessaire, un refus aussi simple que l’acceptation et un retrait aussi accessible que le recueil. Les bandeaux non conformes sont l’un des manquements les plus sanctionnés : la CNIL a prononcé en 2025 des sanctions contre 21 entités sur ces critères.

Trois solutions conformes : un gestionnaire de consentement qui bloque réellement l’iframe avant le clic ; un chargement contextuel à partir d’une capture d’image ; ou une adresse en texte avec un lien « Itinéraire ». Cette dernière option est souvent la meilleure : elle est indexable, elle ne dépose rien, et sur mobile elle fait exactement ce que la cliente attend.

10. Être cité par les moteurs de réponse : ce qui est vérifiable

Les Aperçus IA et le Mode IA de Google sont actifs en France depuis le 22 juillet 2026. Pour un salon, l’effet est réel mais indirect : ce sont vos pages de conseil qui perdent des clics, pas votre page de réservation.

Une étude Ahrefs publiée le 17 août 2026, portant sur 963 domaines parmi les plus visibles en France, mesure une baisse moyenne de 23,1 % du taux de clic en neuf jours pour les domaines dont plus de 20 % des requêtes déclenchent un aperçu. La nuance qui vous concerne : les requêtes locales et transactionnelles déclenchent nettement moins d’aperçus que les informationnelles. Sur « coiffeur ouvert le lundi Lyon 3 », l’internaute veut réserver. Sur « combien de temps tient un balayage », il lira le résumé et ne cliquera peut-être jamais.

Ce que personne ne peut vous promettre

Aucun fournisseur d’IA ne publie de système de classement. Google a publié le 15 mai 2026 son premier guide officiel sur la recherche générative et y indique qu’aucun balisage schema.org particulier n’est requis pour les Aperçus IA ou le Mode IA. Toute offre qui garantit une position dans une réponse générée vend une promesse, pas un résultat mesurable.

Ce qui est vérifiable

  • schema.org propose un type dédié à votre métier. HairSalon existe dans la hiérarchie LocalBusiness > HealthAndBeautyBusiness > HairSalon. Utilisez-le plutôt que le générique LocalBusiness, avec vos horaires, votre gamme de prix et votre adresse.
  • Les résultats enrichis FAQ ont été retirés de Google le 7 mai 2026, la documentation supprimée le 15 juin 2026. Le balisage FAQPage reste valide et sans effet négatif, mais ne rapporte plus de place en résultats.
  • Ce qui est repris, ce sont des passages autonomes. « Un balayage tient six à huit semaines selon la pousse » est citable ; « ça dépend » ne l’est pas.

Le travail utile est donc éditorial avant d’être technique : répondre précisément aux questions que vos clientes posent au téléphone. C’est le socle de toute création de contenu rentable et de notre approche de la visibilité digitale.

Un mot sur les liens entrants. Annuaires et articles invités sont visés par la politique anti-spam de Google, et SpamBrain les neutralise depuis décembre 2022 — sans les sanctionner, mais sans les compter. Ce qui fonctionne pour un salon est plus lent et plus solide : la chambre de métiers, les marques dont vous êtes revendeur agréé, la presse et les blogs locaux, les commerçants voisins.

11. Se faire accompagner : par où commencer

Dans l’ordre de rentabilité pour un salon : la fiche d’établissement et son lien de réservation d’abord, le site ensuite, les contenus après, les liens en dernier.

Questions fréquentes

Combien coûte un site internet pour un salon de coiffure ?

Comptez 900 à 3 500 € HT pour un site vitrine complet réalisé par un indépendant ou une petite agence, plus 150 à 350 € par an d’hébergement, de nom de domaine et de maintenance. L’abonnement à l’outil de réservation s’y ajoute, généralement 60 à 115 € HT par mois. Ces fourchettes recoupent plusieurs grilles publiées par des prestataires français en 2026 et varient selon la région et le périmètre.

Le site inclus dans mon abonnement de réservation suffit-il ?

Il est pratique, mais il ne vous appartient pas. Ces sites sont généralement des gabarits partagés entre des centaines de salons, avec un contenu quasi identique, ce qui les empêche de se distinguer dans les résultats de recherche. Surtout, le site disparaît avec l’abonnement. Si vous le gardez, achetez au moins votre nom de domaine à votre nom chez un registrar indépendant : c’est une trentaine d’euros par an et cela vous garantit de pouvoir partir.

Suis-je obligé d'afficher mes tarifs sur mon site ?

Aucun texte ne l’impose. L’arrêté du 27 mars 1987 vise la vitrine et le lieu de paiement, pas le site internet. Mais vous avez déjà produit la carte complète des prestations pour votre salon : la publier en ligne ne coûte rien et vous positionne sur « prix coiffeur + ville », une requête à fort volume. Les salons qui masquent leurs tarifs laissent cette place à leurs concurrents et reçoivent des appels hors budget.

Puis-je publier la photo d'une cliente sur mon site ou Instagram ?

Non, pas sans son accord écrit. Le droit à l’image et le RGPD se cumulent, et le fait d’accepter d’être photographiée ne vaut pas acceptation d’être publiée : ce sont deux consentements distincts. L’autorisation doit préciser les supports visés et une durée. Pour une mineure, l’accord des deux parents est requis. Si vous n’obtenez pas l’accord, cadrez sur la chevelure seule : une personne non identifiable ne relève ni du droit à l’image ni du RGPD.

Mon site doit-il être accessible aux personnes handicapées ?

Très probablement pas. L’European Accessibility Act s’applique depuis le 28 juin 2025, mais l’exemption micro-entreprise est cumulative : moins de 10 salariés ET moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires ou de bilan. Avec un chiffre d’affaires moyen d’environ 76 300 € par salon, l’immense majorité des indépendants est exemptée, et l’exemption est automatique. Si un prestataire vous vend une mise en conformité « obligatoire », demandez-lui sur quel seuil il se fonde.

Puis-je offrir une remise en échange d'un avis positif ?

Non. Demander un avis est parfaitement légitime, mais conditionner un avantage à sa tonalité constitue une incitation. Publier de faux avis ou supprimer sélectivement les avis négatifs relève de la pratique commerciale trompeuse, punie de cinq ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende lorsque l’infraction est commise par internet. La DGCCRF utilise depuis 2023 un outil de détection algorithmique et a relevé des irrégularités sur 55 % des sites contrôlés en 2024.

Votre métier, c'est la coiffure. Le site, c'est le nôtre.

Nous construisons des sites de salon qui vous appartiennent : agenda de réservation intégré, carte des tarifs indexable, galerie conforme, conformes au cadre français. Parlons de vos prestations et de votre quartier.

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